SAVEZ-VOUS VRAIMENT CE QU’EST UNE CROQUETTE ?

Ca fait plusieurs années maintenant que je me penche sur la question de la nourriture animale. J’ai, comme vous, envie de donner une bonne nourriture à mes chiens. Pour moi, une « bonne » nourriture, c’est quoi ? C’est un aliment :

  • adapté au système digestif des chiens, qui sont carnivores (quoi qu’on veuille nous faire croire)
  • qui ne contient pas de substances créant des problèmes de santé (cancers et autres joyeusetés mais aussi problèmes digestifs, poil moche et qui pue…)
  • fait avec des ingrédients de haute qualité, pas des trucs dégueu qui doivent normalement passer à la poubelle
  • qui plaise à mon chien, qu’il aime le manger

Et ça, les industriels du pet food (= fabricants de nourriture pour animaux de compagnie) l’ont bien compris ! Et ils ont réussi, à coup de marketing onéreux, à nous faire croire que les croquettes étaient ce qu’il y avait de mieux, de plus sain, de plus sécuritaire pour nos chiens. Et comment pouvons-nous penser le contraire, puisque Médor se jette sur sa gamelle à chaque fois ?!?

Eh bien je vais vous révéler un truc… [roulements de tambour] ON VOUS MENT, TOUT CA EST FAUX !!! L’industrie fait bouffer de la merde à nos chiens, et en plus nous la facture à prix d’or !!! Et quand j’explique ça à mes clients en consultation, en général, ils changent de couleur et s’en veulent de ne pas avoir su tout cela avant ! Pas la peine de vous en vouloir : lisez bien ce qui suit et surtout PARTAGEZ-LE autour de vous, pour que plus personne ne puisse dire « je ne savais pas ».

Je vous ai traduit un article qui résume parfaitement bien l’origine de la croquette et ce qu’elle contient. Cet article a été écrit par le Dr Karen BECKER, vétérinaire mondialement (re)connue, notamment pour ses travaux sur la prise en charge proactive de la santé animale (= agir en amont afin que l’animal ne tombe pas malade plutôt que d’agir en aval pour soigner une fois la maladie déclarée). Elle publie par ailleurs régulièrement dans le Huffington Post.

Voici le lien vers l’article original en anglais, pour les bilingues : http://healthypets.mercola.com/sites/healthypets/archive/2017/09/02/dry-pet-food-palatants.aspx

Et le lien vers la présentation du Dr BECKER, en anglais aussi : http://healthypets.mercola.com/sites/healthypets/dr-karen-becker.aspx

 


Résumé

  • Les additifs palatables (= enrobages aromatiques rendant quelque chose savoureux) dans la nourriture sèche pour animaux de compagnie représentent un business d’un milliard de dollars
  • Sans additifs palatables, les chiens et les chats ne mangeraient pas de croquettes parce que c’est une alimentation biologiquement inappropriée pour les carnivores
  • Les additifs palatables des aliments secs pour chat doivent faire appel aux récepteurs de goût des félins ; les additifs palatables des aliments secs pour chien sont conçus pour attirer l’odorat canin
  • Étant donné le traitement extrême des croquettes, les manipulations nécessaires pour les rendre nutritives et appétissantes, et l’explosion des maladies dégénératives chez les chiens et les chats d’aujourd’hui, on se demande si nous n’avons pas sacrifié la santé de nos animaux de compagnie par souci de commodité

Par Dr. Becker, le 2 septembre 2017

Récemment, j’ai trouvé un article assez ancien mais intéressant dans Popular Science intitulé « La chimie de la croquette : le milliard de dollar dépensé en science de pointe pour convaincre les chiens et les chats de manger ce qui se trouve devant eux ». Afin de mener ses recherches pour l’article, l’auteur, Mary Roach, a rendu visite à AFB International, une entreprise qui produit des enrobages aromatiques appelés « additifs palatables » entrant dans la composition des aliments secs pour animaux de compagnie.

Ce dont beaucoup de propriétaires d’animaux domestiques ne se rendent pas compte, c’est que les chats et les chiens doivent être incités à manger des aliments secs parce que ce n’est pas une nourriture biologiquement appropriée, et ils le savent instinctivement. C’est pourquoi il existe des fabricants d’enrobages aromatiques comme AFB International. Ils sont dans le business du développement d’additifs qui rendent les croquettes acceptables pour les animaux de compagnie.

L’article de Roach donne un aperçu de l’activité très lucrative qu’est la transformation de quelque chose que les chats et les chiens ne voudraient pas et ne devraient pas naturellement manger, en quelque chose qu’ils mangeront.

Les enrobages aromatiques des croquettes sont créés pour persuader les chiens et les chats de manger des trucs qu’ils ne mangeraient jamais autrement

Roach écrit : « Pour répondre aux exigences nutritionnelles, les fabricants d’aliments pour animaux mélangent des graisses et viandes animales avec des graines de soja et de blé, ainsi que des vitamines et des minéraux. Cela donne un granulé bon marché et nutritif que personne ne voudrait manger. » (Pour mémoire, je ne suis pas d’accord avec la caractérisation de la croquette comme « nutritive »).

Étant donné que les chats et les chiens ne sont pas conçus pour consommer des céréales, c’est le travail d’AFB et d’autres personnes dans leur industrie de trouver des moyens d’amener les animaux de compagnie à manger suffisamment de « granulés » pour répondre à leurs besoins nutritionnels.

Fait intéressant, le vice-président d’AFB, Pat Moeller, vient de l’entreprise Frito-Lay, où il a développé des enrobages aromatisés pour les produits de grignotages (chips). Il existe certainement des parallèles entre les croquettes et la « junk food » humaine. Comme des croquettes non aromatisées, « des Cheetos sans enrobage en poudre n’ont presque pas de saveur » écrit Roach.

La drogue des chats

Les produits chimiques appelés pyrophosphates sont utilisés pour enrober les aliments secs pour chats, et sont souvent désignés dans l’industrie du pet food comme étant « la drogue des chats / le crack du chat ». Roach a échantillonné un peu d’acide de sodium pyrophosphate liquide, qui, selon elle, n’avait aucune odeur et presque pas de goût. « Ca ressemble à de l’eau épicée avec quelque chose d’étrange », a-t-elle écrit. « Pas mauvais, juste différent. Pas de la nourriture. »

Nancy Rawson, Ph.D., directrice de la recherche chez AFB, estime que ce goût « différent » des pyrophosphates peut faire appel à quelque chose de spécifique dans la physiologie unique des chats. Il pourrait représenter un élément de la saveur de la viande qui est imperceptible pour les humains. Selon Susan Thixton de Truth About Pet Food, Monell Chemical Senses Center, un autre fabricant d’additifs palatables, « … a constaté que le mélange de pyrophosphates (sels de phosphate) avec des hydrolysats de viande est le plus efficace pour attirer les chats. »

Susan offre une explication simple de la façon dont cela pourrait fonctionner. Les viandes et leurs sous-produits sont décomposés dans l’eau pour former des hydrolysats de viande. Les pyrophosphates magnifient le goût des acides aminés qui restent dans les hydrolysats de viande – en tous cas pour les chats. Ce goût magnifié de protéines – bien que chimiquement réalisé – est ce qui garde les chats accros à une « nourriture bon marché que personne ne voudrait manger », selon Susan.

Les chiens suivent leur nez

Contrairement aux chats, les chiens sont plus attirés par l’odeur des aliments que par le goût lorsqu’ils décident quoi manger, et à quelle vitesse ils vont le dévorer. Donc, lors de la création d’enrobages savoureux des aliments secs pour chiens, l’objectif est de développer des additifs palatables qui font que le chien « plonge dans sa gamelle avec un zèle instantané et évident », écrit Roach. Ce comportement amènera le propriétaire de l’animal à penser que cette nourriture est un succès, « alors qu’en réalité, elle n’avait que l’odeur d’un succès ».

Le défi dans le développement des additifs palatables pour la nourriture des chiens est de trouver des odeurs qui sont très attirantes pour eux, mais que celles-ci ne fassent pas non plus vomir leurs propriétaires. Par exemple, certains composés de protéines en décomposition, tels que la cadavérine et la putrescine, ont une odeur délicieuse pour les chiens, mais pas tellement pour leurs propriétaires.

Cependant, le fait que les chiens mangent n’importe quoi est un mythe complet. Une fois que la viande se désintègre au-delà d’un certain point, un chien ne la touche plus. La viande dans les tous premiers stades de décomposition est encore très nutritive, et les chiens le savent.

Mais une fois que cette même protéine est considérablement décomposée par les bactéries et a perdu une grande partie de sa valeur nutritive, un chien ne la mangera que s’il est littéralement affamé. Ceci dit, aucun propriétaire de chien n’achèterait des croquettes qui sentiraient la carcasse pourrissante, peu importe la façon dont le chien pourrait les trouver.

Comment l’industrie des aliments transformés pour animaux domestiques est née

Alors, comment en est-on arrivé là ? Comment se fait-il qu’un secteur du pet food, comme les additifs palatables – des produits conçus pour inciter les animaux de compagnie à accepter des aliments qu’ils n’ont jamais été destinés à manger – est devenu un business à un milliard de dollars ? Au cours de la Grande Dépression des années 1930 et au début des années 1940, les aliments en conserve représentaient plus de 90 % du marché des aliments pour animaux de compagnie, et la plupart des animaux étaient encore nourris principalement avec de la viande crue et des restes de table, plus tout ce qu’ils chassaient par eux-mêmes.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale (1939 à 1945), le métal a été rationné et les aliments pour animaux de compagnie ont été classés comme « non essentiels » par le gouvernement américain. La combinaison des deux a sonné le glas de l’industrie alimentaire en conserve pour les animaux. Le rationnement de l’alimentation a entraîné moins de déchets de table, et donc les propriétaires d’animaux de compagnie qui ont pu se le permettre, ont acheté des aliments secs ou des biscuits pour chiens – les seuls produits disponibles sur le marché à l’époque.

Malheureusement pour les animaux de compagnie américains, leurs propriétaires sont rapidement tombés amoureux des aliments secs pour animaux de compagnie. La guerre a également déclenché la révolution dans l’industrie des aliments transformés aux États-Unis. Tous les facteurs qui ont rendu les aliments transformés attrayants pour les humains ont finalement eu un impact important sur l’industrie alimentaire pour les animaux.

Après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la demande des consommateurs pour des produits transformés et pratiques destinés aux humains a explosé. En répondant à cette demande, l’industrie agroalimentaire humaine a créé de vastes quantités de déchets provenant des abattoirs, des moulins à céréales et des usines de transformation. Les fabricants d’aliments pour animaux ont immédiatement vu un moyen de profiter de l’opportunité illimitée des déchets alimentaires humains pour leur industrie.

En 1960, les industriels du Pet Food ont fait du marketing de masse pour promouvoir les croquettes

C’est un triste fait que notre population d’animaux domestiques fournisse un moyen de recycler les déchets de l’industrie alimentaire humaine. Les céréales qui échouent à l’inspection, les produits non inspectés ainsi que des parties des déchets de l’industrie des produits de la mer, les restes de graisse des restaurants, le bétail décédé et même les animaux tués sur la route sont collectés et éliminés grâce à un procédé industriel spécifique – un processus qui convertit toutes sortes de déchets de l’industrie alimentaire humaine en matières premières pour industrie alimentaire animale.

croquettes chiens Moselle

Voici la chaîne de fabrication des croquettes extrudées ! (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

À la fin des années 1950, une entreprise a développé un moyen de créer des croquettes en faisant bouillir des chaudrons de déchets de viande, de graisse et de céréales – c’est ce qu’on appelle l’extrusion.

Les matières premières sont achetées par les fabricants, qui mélangent ensuite la graisse et la viande avec de l’amidon agglomérant. Ils ajoutent des suppléments de vitamines et de minéraux, et le mélange est extrudé à haute température, créant toutes sortes de réactions toxiques, y compris des produits terminaux de glycation et des amines hétérocycliques [NdT : les produits terminaux de glycation génèrent des composés réactifs responsables du vieillissement et de la mort tissulaire, et les amines hétérocycliques sont classés cancérogènes pour les humains].

C’est ce qu’on fait passer pour de la nourriture et c’est vendu aux consommateurs avec un énorme profit. Cette « avancée » dans la fabrication, associée à des additifs comme les enrobages palatables pour suborner les animaux à manger ces machins, a permis aux entreprises de pet food de capitaliser sur la popularité de la croquette. Aujourd’hui, il y a des centaines de croquettes sur le marché. Ceci est remarquable étant donné qu’il y a 60 ans, on n’entendait quasiment pas parler des aliments industriels pour animaux de compagnie.

Avons-nous choisi la commodité au détriment de la santé de nos animaux de compagnie ?

Pour que leur santé soit optimale, les animaux (y compris les humains) doivent consommer les aliments pour lesquels ils sont conçus, et de préférence sous forme entière, fraîche et non transformée. C’est ce qu’on appelle une nutrition adaptée aux espèces, et si on lui donnait le choix (et une période de transition si habitué aux régimes industriels transformés), votre chien ou votre chat sélectionnerait naturellement les aliments profitables pour son corps.

Les animaux de compagnie carnivores n’ont pas évolué pour digérer et assimiler des aliments comme le maïs, le blé, le riz ou les pommes de terre, or ce sont précisément ces aliments-là que la grande majorité des fabricants d’aliments pour animaux utilise comme ingrédients primaires dans leurs formules. Heureusement, les chiens et les chats sont des créatures extrêmement résilientes.

Non seulement ils ne meurent pas immédiatement après avoir mangé des aliments biologiquement inappropriés, mais il faut souvent des années avant que la dégénérescence physique significative, qui survient après toute une vie à manger les mauvais aliments, devienne perceptible.

croquettes chien Moselle

Cessons d’empoisonner nos animaux !

L’une des raisons qui nous permettent de nous convaincre nous-mêmes que ces aliments pratiques sont bons pour les chiens et les chats, c’est que les changements apportés à la santé et à la vitalité d’un animal par un régime alimentaire « mort » et transformé ne sont généralement pas immédiats ou aigus. Pendant plus d’un demi-siècle, nos animaux de compagnie ont été nourris avec des régimes inappropriés qui les ont maintenus en vie, mais pas prospères. En fait, nous avons créé des dizaines de générations d’animaux qui souffrent de maladies dégénératives liées à des déficiences nutritionnelles.

Nutrition optimale pour votre chien ou votre chat

Les chiens et les chats ont besoin de protéines de qualité, de graisses et d’une petite quantité de légumes et de fruits, qui fournissent des antioxydants et des fibres aux animaux qui ne chassent plus des proies entières.

Il faut ajouter des sources naturelles d’oligo-éléments, de vitamines et d’acides gras, car les sols dans lesquels les aliments sont cultivés sont dépourvus d’un grand nombre des nutriments dont les animaux de compagnie ont besoin. En outre, le lieu de stockage des aliments, qu’il s’agisse d’un congélateur ou d’un garde-manger, diminue le niveau vital d’acides gras essentiels dans les aliments.

Les animaux domestiques ont besoin d’aliments non transformés, frais et complets qui sont très humides. Ils n’ont pas besoin de céréales, d’agglomérants, de conservateurs artificiels, de colorants, d’additifs (y compris les palatables), de produits chimiques, de sous-produits ou d’aliments transformés. Bien que les animaux puissent manger des aliments transformés, ils ne sont pas conçus pour en consommer tout au long de leur vie. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’importance des régimes frais, complets et non transformés pour les chiens et les chats, je recommande ma série en trois parties sur les régimes alimentaires crus pour les animaux de compagnie :

Partie 1 — “The Feeding Mistake Linked to the Cause of Most Disease-Are You Making It?”
Partie 2 — “The Biggest Myths About Raw Food (And Why They’re Mostly Nonsense)”
Partie 3 — “Common Feeding Mistakes That Can Harm Your Pet”

Vous pouvez également trouver une grande quantité d’informations supplémentaires ici chez Healthy Pets sur la façon de choisir les meilleurs aliments pour votre animal de compagnie et les aliments à éviter.

 


Vous savez maintenant ce que vous donnez à manger à votre animal, et vous pouvez choisir en toute connaissance de cause de continuer à le nourrir de croquettes, ou de changer pour mieux. Car en matière d’alimentation, on peut toujours faire mieux pour nos animaux, surtout vu d’où on part !

Vous comprenez aussi peut-être mieux comment une végétarienne comme moi peut accepter de tripoter des morceaux de viande deux fois par jour pour ses animaux… Si j’arrive à le faire, vous aussi…

Ah, et n’oubliez pas : l’alimentation influe énormément sur le comportement ! Si votre animal présente un trouble du comportement, commencez déjà par changer de nourriture : peut-être que le problème sera résolu !

croquettes chiens Moselle

Alors, ça ?

nourriture chien Moselle

Ou ça ?

Si vous voulez des infos fiables, claires et simples sur l’alimentation crue pour les carnivores domestiques (chiens, chats et furets), visitez ce site : http://barf-raw-feeding.fr/

Voici le groupe Facebook qui va avec ce site : https://www.facebook.com/barfrawfeeding/

Vous pouvez également lire le livre « Toxic Croquettes » du Dr Jutta ZIEGLER, dans lequel elle partage ses nombreuses années de recherches et de constats concernant l’impact de la nourriture sur la santé des animaux de compagnie. Le Dr ZIEGLER est une vétérinaire de renom, que j’ai eu la joie de rencontrer, et qui est absolument passionnante !

croquettes chien Moselle

« Toxic Croquettes » du Dr ZIEGLER

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REACTIF VS PROACTIF

J’ai entendu un éducateur canin professionnel dire que quand on prend un chiot chez soi, il faut vivre avec au moins 2 ou 3 semaines afin de voir ce qui nous plaît et ce qui ne nous plaît pas… Et seulement à ce moment là, contacter un éducateur canin qui va nous expliquer comment réagir à ces comportements.

 

meme-what

 

JE NE SUIS PAS D’ACCORD AVEC ÇA !

L’éducateur canin est justement là pour vous apprendre à être non pas réactif à quelque chose qui s’est déjà produit, mais PROACTIF en agissant AVANT que cette chose se produise ! Pourquoi attendre que le chiot produise des comportements indésirables pour ensuite les corriger (sachant qu’un comportement déjà produit aura tendance à être reproduit), alors qu’on peut anticiper et montrer tout de suite au chiot ce qu’on attend de lui (et lui éviter tout bonnement d’inventer des comportements qu’on trouvera indésirables ensuite) ? En plus, quand le chiot arrive dans son foyer à 2 mois, on est en plein dans une période super intéressante pour démarrer les apprentissages !

Alors quand contacter un éducateur ? Tout simplement AVANT que le chiot arrive ! Ainsi vous aurez une bonne aide pour préparer son arrivée et ses premiers jours (et surtout nuits). Une fois chez vous, on laisse bien sûr quelques jours au chiot pour faire connaissance avec son nouvel environnement, une semaine tout au plus, et hop ! On démarre les apprentissages (en étant respectueux et bienveillant évidemment) !

Bref, en un mot comme en cent: AN.TI.CI.PONS !

Câlins à vos poilus !

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LE CONDITIONNEMENT, C’EST LE MAAAAAAL !

En ce moment, sur le net, je vois fleurir les articles clouant au pilori le conditionnement en éducation canine, et l’accusant de tous les maux. Des gens connus et des gens moins connus nous annoncent comme une révolution qu’ils ont décidé d’arrêter d’éduquer les chiens, parce que l’éducation c’est du conditionnement, que le conditionnement c’est de la manipulation mentale, et que la manipulation c’est mal, bouh, méchants humains qui font ça à leurs chiens ! Et ces articles font des émules, comme si d’un coup, on se rendait compte d’un truc incroyable, auquel on n’a jamais pensé avant !

Ok les gars, on s’arrête deux minutes et on réfléchit à ce qu’on raconte.

 

dictionnaire

 

Définition du conditionnement : acquisition ou renforcement d’un comportement, d’une habitude par un système de corrélations entre un stimulus et une réponse.
(source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/conditionnement/36020)

Définition de manipulation mentale : action exercée sur la conscience d’autrui pour la contrôler dans un but généralement pervers.
(source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/manipulation_mentale/64751)

Définition d’apprentissage (puisque c’est bien de cela qu’il est question en éducation) : ensemble des processus de mémorisation mis en œuvre par l’animal ou l’homme pour élaborer ou modifier les schèmes comportementaux spécifiques sous l’influence de son environnement et de son expérience.
(source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/apprentissage/22390)

 

lavage-cerveau1) Où est la notion de manipulation dans la définition du conditionnement ? Ne serait-ce pas la manière d’utiliser le conditionnement qui en fait de la manipulation ? Mmmmh ? Cf. publicité, religions, politique, etc.

2) Citez-moi une seule façon d’apprendre chez le chien qui n’est pas un conditionnement… Sauf erreur de ma part, aucune ! Imitation, association, essai-erreur, répétition, immersion… Toutes sont un conditionnement. On garde bien à l’esprit que le stimulus peut venir de l’environnement et la réponse du chien OU le stimulus peut venir du chien et la réponse de l’environnement. Et que le conditionnement n’inclue pas obligatoirement un commandement !

3) Même quand on ne veut pas conditionner, on conditionne ! Vous avez appris à votre chiot à faire ses besoins dehors ? Vous avez conditionné. Votre chien aboie parce que vous n’ouvrez pas la porte assez vite à son goût, ça vous casse les oreilles alors vous vous dépêchez d’ouvrir ? Vous avez conditionné (et il vous a conditionné 😉 ).

4) Le chien n’a pas besoin de nous pour être conditionné, il le fait bien souvent tout seul ! S’il renifle un hérisson et se pique le nez : il ne reniflera plus les hérissons. Il s’est conditionné. S’est-il pour autant manipulé lui-même ???

 

J’entends parler de modèle collaboratif, de traiter son chien comme un ami, en égal, etc. Mais n’est-ce pas ça la base de notre métier ? Parce que, soit on aime les chiens pour ce qu’ils sont vraiment (des individus avec leur personnalité, leurs envies, les trucs qu’ils aiment, qu’ils n’aiment pas, etc.) et on est dans un modèle collaboratif / ami / égal / respectueux sans même y réfléchir ; soit on aime les chiens pour une autre raison et là il est grand temps de se remettre en question !

 

Il va falloir arrêter de blâmer le conditionnement, et commencer à blâmer ceux qui l’utilisent à des fins de mécanisation, de robotisation, de dépersonnalisation du chien !

 

animal-machine

Non à l’animal-machine !

 

 

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LE MONDE DES BISOUNOURS

Non je n’ai pas sniffé des rails de poudre de croquettes, je vous parle bien de Bisounours en étant totalement saine d’esprit.

Bisounours, c’est le surnom mignon que nous donnent les vrais éducateurs canins, vous savez, les virils, qui ont des gros bras et une grosse voix, qui entrent sur un terrain d’éducation comme on entre en guerre.

Bref, Bisounours = éducateur qui utilise des méthodes positives, et refuse coercition et violence.

 

Voici quelques idées reçues sur le Bisounours :

 

chien_croquettes1) Le Bisounours file des bonbons à son chien à tout-va, le chien ne bosse plus que pour la bouffe

Non, nous ne filons pas des bonbons à nos chiens n’importe comment, celui qui fait ça n’a rien compris aux modes d’apprentissage du chien. Le bonbon est donné à un moment bien précis, il ne serre quasiment jamais de leurre (leurrer un chien ne lui apprend rien) : il est là pour renforcer un comportement qu’on veut voir se reproduire. Le bonbon sert pendant l’apprentissage, et est ensuite remplacé par la félicitation vocale ou la caresse, si on le souhaite. Si votre chien devient un obsédé de la bouffe, et ne vous écoute que si vous avez une friandise en main, vous vous êtes planté quelque part.

Par ailleurs, certains parmi ceux qui distillent cette belle idée reçue, ne nourrissent leur chien que si celui-ci leur a donné satisfaction pendant le travail. En gros, le chien qui a « bien » travaillé a le droit de manger, celui qui n’a pas « bien » travaillé n’est pas nourri. Et là, à votre avis, le chien, il bosse pour quoi ? Les beaux yeux de son maître ???

 

 

chien-fauteuil2) Chez le Bisounours, les règles n’existent pas, c’est l’anarchie totale

Alors là, je vais sans doute casser le plus gros mythe de l’éducation positive : nos chiens ont des règles à suivre !

Premièrement parce que c’est ESSENTIEL pour leur équilibre : un chien a besoin d’un cadre de vie clair et stable pour être bien dans ses pattes. Et comme nous, les Bisounours, notre trip c’est d’avoir en premier lieu un chien bien dans ses pattes… Je vous laisse faire la déduction. Si y a pas de règle, c’est pas du Bisounours, c’est de la connerie.

Deuxièmement parce que nos chiens vivent dans notre monde d’humains, qui présente des dangers pour eux. Si mon chien ne revient pas quand je l’appelle, il peut passer sous une voiture. S’il saute sur la gazinière, il peut se brûler.

Et troisièmement, tout Bisounours que nous sommes, nous tenons nous aussi à nos meubles, nos vêtements, notre voiture… Ben ouais.

Chez le Bisounours, il n’est pas interdit d’interdire. Il est juste interdit d’interdire par la force, c’est là toute la subtilité de la chose. Le Bisounours utilise sa tête, pas ses bras.

 

 

non3) Chez le Bisounours, on n’a pas le droit de dire « non » à son chien

Cette phrase peut avoir deux significations. Soit, ça sous-entend qu’on n’a pas le droit de mettre des règles de vie : dans ce cas, ça renvoie au paragraphe précédent.

Soit, ça veut dire que le mot « non » est totalement banni lorsqu’on s’adresse à son chien. Sur ce point, il y a souvent une grosse incompréhension. En effet, le Bisounours utilise très peu ce mot, non pas parce qu’il reflète une interdiction, mais parce qu’il n’est pas précis.

Prenons un exemple très simple : disons que votre chien sait que « non », ça veut dire que ce qu’il est en train de faire n’est pas plaisant pour vous et qu’il doit donc changer de comportement. Votre chien saute sur la table et renifle votre assiette. Vous lui dites « non » car vous voulez qu’il redescende. Votre chien cesse de renifler votre assiette, vous regarde en bougeant la queue mais ne descend pas. Ca vous énerve, vous lui redites « non » un peu plus méchamment. Il cesse de bouger la queue, mais il est toujours debout sur la table en train de vous regarder. Pour vous, la coupe est pleine, vous le repoussez violemment en criant « NON !!! », pensant sans doute qu’il se moque de vous, ou pire, tente de vous dominer (le concept de domination fera l’objet d’un autre post).

Ok, reprenons l’exemple, mais cette fois-ci du côté du chien. Il sent une bonne odeur venant de la table, il pose donc deux pattes sur la table et pour mieux sentir d’où vient l’odeur, rapproche son nez de votre assiette. Là il entend « non » : il sait que quelque chose dans son comportement ne vous plait pas, mais il ne sait pas quoi (les pattes sur la table ? le nez près de l’assiette ? le fait qu’il ne vous regarde pas ?). Il change alors quelque chose pour vous donner satisfaction : il choisit de cesser de regarder l’assiette, et à la place vous regarde vous. Il bouge la queue pour vous dire « tu as vu, j’ai compris qu’un truc n’allait pas, est-ce que c’est ça que tu attends de moi ? ». En gros, il a improvisé. Là, il reçoit un « non » plus méchant : dans l’incompréhension, il arrête de bouger la queue et vous fixe. A ce moment là, vous le rejetez violemment au sol en criant.

Qu’a appris ce chien ? D’une part, que « non » est annonciateur de quelque chose de pas cool, et d’autre part, que quand il essaie de se conformer à votre demande, quand il improvise, ça vous énerve. Votre « non » va donc devenir source de stress pour votre chien, et il risque de développer des troubles du comportement suivant son niveau de sensibilité (TOC, peur de vous, de l’humain en général, ou autre).

Alors nous, les Bisounours, nous préférons donner un ordre clair, expliquant ce que le chien doit FAIRE A LA PLACE de ce qu’il fait, plutôt qu’un « non » flou. Nous lui apprenons le mot « descend ». Dans cet exemple, au lieu de nous énerver et de faire monter le stress chez tout le monde, nous lui disons « descend », et le félicitons quand il a ses quatre pattes au sol. On gagne du temps, de l’énergie et en plus tout le monde est content. Et rien n’empêche de dire : « Non (= ce que tu fais ne me convient pas), descend (= ce que tu dois faire à la place) ».

 

chiens-cool

 

Il y a encore tellement d’idées reçues sur les éducateurs en méthodes positives qu’on pourrait en faire un bouquin…

Moi je vis dans le monde des Bisounours, et je m’y sens bien. Mes chiens aussi. Ceux de mes clients aussi. C’est une philosophie de vie, pas seulement un moyen d’éduquer un chien, et j’invite tous les curieux à entrer dans ce monde, car on y fait des miracles. Pour moi, être un gros dur à gros bras, qui secoue son chien au bout d’un collier étrangleur en gueulant, c’est être dans une totale ignorance de ce que peut être une vraie relation avec un animal, c’est passer à côté de la complicité si épanouissante qu’on peut avoir avec un chien, bref c’est rater l’essentiel.

Allez, je retourne faire du toboggan sur mon arc-en-ciel…

 

 

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LE COLLIER « SANITAIRE » ET AUTRES INSTRUMENTS DE TORTURE ORDINAIRE

La semaine passée, je suis allée dans une animalerie chercher du canard séché pour mes chiens. Bien sûr, en môman-folle-dingo-de-ses-bébés, je ne peux pas m’empêcher de passer par le rayon jouets. Qui se trouve être juste à côté du rayon laisses et colliers. Là, je vois deux femmes, dont l’une dit à l’autre « Il faudra lui prendre ça à Toutounet après… » en tenant en main le fameux et mal nommé collier « sanitaire » ou « chaînette », bref, un bon vieux collier étrangleur. De qui venait donc ce conseil avisé ?

 

collier-dressage-torture

Collier électrique, collier « sanitaire » et collier étrangleur à pics

 

Une autre fois, c’est en sortant de chez le véto avec papy Bouli que j’ai vu une scène qui m’a fait froid dans le dos : un homme tenait en laisse deux chiens visiblement pas du même âge. Les chiens étaient en laisse avec accouple (une laisse qui se sépare en deux pour y attacher deux chiens et n’avoir qu’une poignée en main). L’un était plus vif que l’autre et tirait un coup à gauche, un coup à droite, ce qui avait pour effet de tirer violemment l’autre qui faisait autre chose. C’est déjà vraiment pas cool en collier plat, mais ces deux chiens portaient des étrangleurs à pics… Je vous laisse imaginer…

Et ce ne sont que deux exemples de ce que je vois au quotidien, et qui me fait dresser les poils sur la tête. Certains vont trouver ça normal, ben oui : Toutounet tire en collier plat, alors le moniteur du club canin / l’éducateur professionnel (vraiment pro ?) a dit de mettre un collier « sanitaire » et de donner des saccades. Et comme il a continué à tirer malgré tout, alors il a fallut mettre un collier à pics. Il tire moins fort depuis (enfin jusqu’à ce qu’il s’habitue à la douleur). Ca fait des lustres que ces méthodes marchent, alors pourquoi s’emmerder avec un clicker, de la bouffe, tout ça ?

 

collier-etrangleur-chien

L’étrangleur qui étrangle… Mais pas trop…

 

Ben oui, pourquoi donc ?

Je vais vous donner mon avis sur la question, en vous faisant grâce des explications poussées sur les conséquences physiques : dégâts occasionnés sur la trachée, les cervicales, les muscles, l’irrigation sanguine des yeux et du cerveau lorsqu’un chien est régulièrement étranglé, etc. Eh oui, faut pas oublier qu’un collier étrangleur, étrangle, hein ! Je vais aussi passer sur les dégâts comportementaux : peurs, agressivité, hésitation, dépression, et j’en passe.

 

Je vais m’atteler à 2 points :

 

1) Est-ce que ça marche ?

Oui, ça peut marcher, et ça a déjà marché sur des chiens. Mais bien souvent ça ne fonctionne que tant que le dispositif est en place sur le chien. Si on lui met un harnais à la place de son étrangleur, il tire. Pourquoi ? Parce qu’il a bien compris qu’avec le harnais, on ne pouvait pas lui faire mal et donc il peut se permettre enfin de faire ce qu’il a envie. Même combat avec l’étrangleur à pics et le collier électrique.

Par contre, ça ne marche pas avec les ours, les dauphins, les rhinocéros, les crocodiles… Le clicker training, si (cf. le medical training dans les zoos).

 

Le collier électrique, ça fait pas mal au chien. Ah bon ?

 

2) Bon, alors si ça marche à peu près bien, pourquoi utiliser autre chose ?

Personnellement, si j’ai des chiens, c’est pour que ces chiens soient mes copains, mes bébés, voire mes collègues de travail, et qu’on passe de bons moments ensemble. Mon but est qu’ils soient bien dans leurs pattes, et qu’ils comprennent les règles de ma vie d’humain, pour que notre quotidien soit heureux et joyeux.

Imaginez un instant recevoir des copains à la maison. Vous demandez à l’un d’eux de vous passer le sel, mais comme il est en train de discuter avec sa voisine de table, il tarde à vous le donner. L’étrangleriez-vous ? Et si vous le faisiez, pensez-vous qu’il resterait longtemps votre copain ?

Cette fois c’est votre enfant qui pleure car quelque chose lui fait peur. Ses cris vous cassent les oreilles, et ils ne s’arrêtent pas. Lui mettriez-vous un coup de collier électrique (ou à la citronnelle) pour le faire taire ?

Maintenant, vous êtes au travail. Vous demandez à votre collègue de vous passer le document X. Il a mal compris votre demande et vous passe le document Y. L’étrangleriez-vous pour autant ?

 

etrangleur-pics

La version « à pics » pour ceux qui n’assument pas
(de l’extérieur on dirait un collier plat)

 

Ces situations vous paraissent aberrantes ? Inconcevables ? Alors pourquoi le faites-vous avec votre copain/bébé/collègue canin ? Pensez-vous qu’en lui faisant cela, il est heureux d’être en votre compagnie ? Qu’il vous fait confiance, qu’il se fie à vous dans les situations stressantes pour lui ? Que ses promenades ou ses séances d’éducation lui sont agréables ? Qu’il est bien dans ses pattes ?

 

La question à se poser est donc très simple : ce n’est pas « est-ce que ça MARCHE ? », mais « qu’est-ce que je souhaite comme RELATION avec mon chien ? ». A vous de trouver la réponse.

 

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