SAVEZ-VOUS VRAIMENT CE QU’EST UNE CROQUETTE ?

Ca fait plusieurs années maintenant que je me penche sur la question de la nourriture animale. J’ai, comme vous, envie de donner une bonne nourriture à mes chiens. Pour moi, une « bonne » nourriture, c’est quoi ? C’est un aliment :

  • adapté au système digestif des chiens, qui sont carnivores (quoi qu’on veuille nous faire croire)
  • qui ne contient pas de substances créant des problèmes de santé (cancers et autres joyeusetés mais aussi problèmes digestifs, poil moche et qui pue…)
  • fait avec des ingrédients de haute qualité, pas des trucs dégueu qui doivent normalement passer à la poubelle
  • qui plaise à mon chien, qu’il aime le manger

Et ça, les industriels du pet food (= fabricants de nourriture pour animaux de compagnie) l’ont bien compris ! Et ils ont réussi, à coup de marketing onéreux, à nous faire croire que les croquettes étaient ce qu’il y avait de mieux, de plus sain, de plus sécuritaire pour nos chiens. Et comment pouvons-nous penser le contraire, puisque Médor se jette sur sa gamelle à chaque fois ?!?

Eh bien je vais vous révéler un truc… [roulements de tambour] ON VOUS MENT, TOUT CA EST FAUX !!! L’industrie fait bouffer de la merde à nos chiens, et en plus nous la facture à prix d’or !!! Et quand j’explique ça à mes clients en consultation, en général, ils changent de couleur et s’en veulent de ne pas avoir su tout cela avant ! Pas la peine de vous en vouloir : lisez bien ce qui suit et surtout PARTAGEZ-LE autour de vous, pour que plus personne ne puisse dire « je ne savais pas ».

Je vous ai traduit un article qui résume parfaitement bien l’origine de la croquette et ce qu’elle contient. Cet article a été écrit par le Dr Karen BECKER, vétérinaire mondialement (re)connue, notamment pour ses travaux sur la prise en charge proactive de la santé animale (= agir en amont afin que l’animal ne tombe pas malade plutôt que d’agir en aval pour soigner une fois la maladie déclarée). Elle publie par ailleurs régulièrement dans le Huffington Post.

Voici le lien vers l’article original en anglais, pour les bilingues : http://healthypets.mercola.com/sites/healthypets/archive/2017/09/02/dry-pet-food-palatants.aspx

Et le lien vers la présentation du Dr BECKER, en anglais aussi : http://healthypets.mercola.com/sites/healthypets/dr-karen-becker.aspx

 


Résumé

  • Les additifs palatables (= enrobages aromatiques rendant quelque chose savoureux) dans la nourriture sèche pour animaux de compagnie représentent un business d’un milliard de dollars
  • Sans additifs palatables, les chiens et les chats ne mangeraient pas de croquettes parce que c’est une alimentation biologiquement inappropriée pour les carnivores
  • Les additifs palatables des aliments secs pour chat doivent faire appel aux récepteurs de goût des félins ; les additifs palatables des aliments secs pour chien sont conçus pour attirer l’odorat canin
  • Étant donné le traitement extrême des croquettes, les manipulations nécessaires pour les rendre nutritives et appétissantes, et l’explosion des maladies dégénératives chez les chiens et les chats d’aujourd’hui, on se demande si nous n’avons pas sacrifié la santé de nos animaux de compagnie par souci de commodité

Par Dr. Becker, le 2 septembre 2017

Récemment, j’ai trouvé un article assez ancien mais intéressant dans Popular Science intitulé « La chimie de la croquette : le milliard de dollar dépensé en science de pointe pour convaincre les chiens et les chats de manger ce qui se trouve devant eux ». Afin de mener ses recherches pour l’article, l’auteur, Mary Roach, a rendu visite à AFB International, une entreprise qui produit des enrobages aromatiques appelés « additifs palatables » entrant dans la composition des aliments secs pour animaux de compagnie.

Ce dont beaucoup de propriétaires d’animaux domestiques ne se rendent pas compte, c’est que les chats et les chiens doivent être incités à manger des aliments secs parce que ce n’est pas une nourriture biologiquement appropriée, et ils le savent instinctivement. C’est pourquoi il existe des fabricants d’enrobages aromatiques comme AFB International. Ils sont dans le business du développement d’additifs qui rendent les croquettes acceptables pour les animaux de compagnie.

L’article de Roach donne un aperçu de l’activité très lucrative qu’est la transformation de quelque chose que les chats et les chiens ne voudraient pas et ne devraient pas naturellement manger, en quelque chose qu’ils mangeront.

Les enrobages aromatiques des croquettes sont créés pour persuader les chiens et les chats de manger des trucs qu’ils ne mangeraient jamais autrement

Roach écrit : « Pour répondre aux exigences nutritionnelles, les fabricants d’aliments pour animaux mélangent des graisses et viandes animales avec des graines de soja et de blé, ainsi que des vitamines et des minéraux. Cela donne un granulé bon marché et nutritif que personne ne voudrait manger. » (Pour mémoire, je ne suis pas d’accord avec la caractérisation de la croquette comme « nutritive »).

Étant donné que les chats et les chiens ne sont pas conçus pour consommer des céréales, c’est le travail d’AFB et d’autres personnes dans leur industrie de trouver des moyens d’amener les animaux de compagnie à manger suffisamment de « granulés » pour répondre à leurs besoins nutritionnels.

Fait intéressant, le vice-président d’AFB, Pat Moeller, vient de l’entreprise Frito-Lay, où il a développé des enrobages aromatisés pour les produits de grignotages (chips). Il existe certainement des parallèles entre les croquettes et la « junk food » humaine. Comme des croquettes non aromatisées, « des Cheetos sans enrobage en poudre n’ont presque pas de saveur » écrit Roach.

La drogue des chats

Les produits chimiques appelés pyrophosphates sont utilisés pour enrober les aliments secs pour chats, et sont souvent désignés dans l’industrie du pet food comme étant « la drogue des chats / le crack du chat ». Roach a échantillonné un peu d’acide de sodium pyrophosphate liquide, qui, selon elle, n’avait aucune odeur et presque pas de goût. « Ca ressemble à de l’eau épicée avec quelque chose d’étrange », a-t-elle écrit. « Pas mauvais, juste différent. Pas de la nourriture. »

Nancy Rawson, Ph.D., directrice de la recherche chez AFB, estime que ce goût « différent » des pyrophosphates peut faire appel à quelque chose de spécifique dans la physiologie unique des chats. Il pourrait représenter un élément de la saveur de la viande qui est imperceptible pour les humains. Selon Susan Thixton de Truth About Pet Food, Monell Chemical Senses Center, un autre fabricant d’additifs palatables, « … a constaté que le mélange de pyrophosphates (sels de phosphate) avec des hydrolysats de viande est le plus efficace pour attirer les chats. »

Susan offre une explication simple de la façon dont cela pourrait fonctionner. Les viandes et leurs sous-produits sont décomposés dans l’eau pour former des hydrolysats de viande. Les pyrophosphates magnifient le goût des acides aminés qui restent dans les hydrolysats de viande – en tous cas pour les chats. Ce goût magnifié de protéines – bien que chimiquement réalisé – est ce qui garde les chats accros à une « nourriture bon marché que personne ne voudrait manger », selon Susan.

Les chiens suivent leur nez

Contrairement aux chats, les chiens sont plus attirés par l’odeur des aliments que par le goût lorsqu’ils décident quoi manger, et à quelle vitesse ils vont le dévorer. Donc, lors de la création d’enrobages savoureux des aliments secs pour chiens, l’objectif est de développer des additifs palatables qui font que le chien « plonge dans sa gamelle avec un zèle instantané et évident », écrit Roach. Ce comportement amènera le propriétaire de l’animal à penser que cette nourriture est un succès, « alors qu’en réalité, elle n’avait que l’odeur d’un succès ».

Le défi dans le développement des additifs palatables pour la nourriture des chiens est de trouver des odeurs qui sont très attirantes pour eux, mais que celles-ci ne fassent pas non plus vomir leurs propriétaires. Par exemple, certains composés de protéines en décomposition, tels que la cadavérine et la putrescine, ont une odeur délicieuse pour les chiens, mais pas tellement pour leurs propriétaires.

Cependant, le fait que les chiens mangent n’importe quoi est un mythe complet. Une fois que la viande se désintègre au-delà d’un certain point, un chien ne la touche plus. La viande dans les tous premiers stades de décomposition est encore très nutritive, et les chiens le savent.

Mais une fois que cette même protéine est considérablement décomposée par les bactéries et a perdu une grande partie de sa valeur nutritive, un chien ne la mangera que s’il est littéralement affamé. Ceci dit, aucun propriétaire de chien n’achèterait des croquettes qui sentiraient la carcasse pourrissante, peu importe la façon dont le chien pourrait les trouver.

Comment l’industrie des aliments transformés pour animaux domestiques est née

Alors, comment en est-on arrivé là ? Comment se fait-il qu’un secteur du pet food, comme les additifs palatables – des produits conçus pour inciter les animaux de compagnie à accepter des aliments qu’ils n’ont jamais été destinés à manger – est devenu un business à un milliard de dollars ? Au cours de la Grande Dépression des années 1930 et au début des années 1940, les aliments en conserve représentaient plus de 90 % du marché des aliments pour animaux de compagnie, et la plupart des animaux étaient encore nourris principalement avec de la viande crue et des restes de table, plus tout ce qu’ils chassaient par eux-mêmes.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale (1939 à 1945), le métal a été rationné et les aliments pour animaux de compagnie ont été classés comme « non essentiels » par le gouvernement américain. La combinaison des deux a sonné le glas de l’industrie alimentaire en conserve pour les animaux. Le rationnement de l’alimentation a entraîné moins de déchets de table, et donc les propriétaires d’animaux de compagnie qui ont pu se le permettre, ont acheté des aliments secs ou des biscuits pour chiens – les seuls produits disponibles sur le marché à l’époque.

Malheureusement pour les animaux de compagnie américains, leurs propriétaires sont rapidement tombés amoureux des aliments secs pour animaux de compagnie. La guerre a également déclenché la révolution dans l’industrie des aliments transformés aux États-Unis. Tous les facteurs qui ont rendu les aliments transformés attrayants pour les humains ont finalement eu un impact important sur l’industrie alimentaire pour les animaux.

Après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la demande des consommateurs pour des produits transformés et pratiques destinés aux humains a explosé. En répondant à cette demande, l’industrie agroalimentaire humaine a créé de vastes quantités de déchets provenant des abattoirs, des moulins à céréales et des usines de transformation. Les fabricants d’aliments pour animaux ont immédiatement vu un moyen de profiter de l’opportunité illimitée des déchets alimentaires humains pour leur industrie.

En 1960, les industriels du Pet Food ont fait du marketing de masse pour promouvoir les croquettes

C’est un triste fait que notre population d’animaux domestiques fournisse un moyen de recycler les déchets de l’industrie alimentaire humaine. Les céréales qui échouent à l’inspection, les produits non inspectés ainsi que des parties des déchets de l’industrie des produits de la mer, les restes de graisse des restaurants, le bétail décédé et même les animaux tués sur la route sont collectés et éliminés grâce à un procédé industriel spécifique – un processus qui convertit toutes sortes de déchets de l’industrie alimentaire humaine en matières premières pour industrie alimentaire animale.

croquettes chiens Moselle

Voici la chaîne de fabrication des croquettes extrudées ! (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

À la fin des années 1950, une entreprise a développé un moyen de créer des croquettes en faisant bouillir des chaudrons de déchets de viande, de graisse et de céréales – c’est ce qu’on appelle l’extrusion.

Les matières premières sont achetées par les fabricants, qui mélangent ensuite la graisse et la viande avec de l’amidon agglomérant. Ils ajoutent des suppléments de vitamines et de minéraux, et le mélange est extrudé à haute température, créant toutes sortes de réactions toxiques, y compris des produits terminaux de glycation et des amines hétérocycliques [NdT : les produits terminaux de glycation génèrent des composés réactifs responsables du vieillissement et de la mort tissulaire, et les amines hétérocycliques sont classés cancérogènes pour les humains].

C’est ce qu’on fait passer pour de la nourriture et c’est vendu aux consommateurs avec un énorme profit. Cette « avancée » dans la fabrication, associée à des additifs comme les enrobages palatables pour suborner les animaux à manger ces machins, a permis aux entreprises de pet food de capitaliser sur la popularité de la croquette. Aujourd’hui, il y a des centaines de croquettes sur le marché. Ceci est remarquable étant donné qu’il y a 60 ans, on n’entendait quasiment pas parler des aliments industriels pour animaux de compagnie.

Avons-nous choisi la commodité au détriment de la santé de nos animaux de compagnie ?

Pour que leur santé soit optimale, les animaux (y compris les humains) doivent consommer les aliments pour lesquels ils sont conçus, et de préférence sous forme entière, fraîche et non transformée. C’est ce qu’on appelle une nutrition adaptée aux espèces, et si on lui donnait le choix (et une période de transition si habitué aux régimes industriels transformés), votre chien ou votre chat sélectionnerait naturellement les aliments profitables pour son corps.

Les animaux de compagnie carnivores n’ont pas évolué pour digérer et assimiler des aliments comme le maïs, le blé, le riz ou les pommes de terre, or ce sont précisément ces aliments-là que la grande majorité des fabricants d’aliments pour animaux utilise comme ingrédients primaires dans leurs formules. Heureusement, les chiens et les chats sont des créatures extrêmement résilientes.

Non seulement ils ne meurent pas immédiatement après avoir mangé des aliments biologiquement inappropriés, mais il faut souvent des années avant que la dégénérescence physique significative, qui survient après toute une vie à manger les mauvais aliments, devienne perceptible.

croquettes chien Moselle

Cessons d’empoisonner nos animaux !

L’une des raisons qui nous permettent de nous convaincre nous-mêmes que ces aliments pratiques sont bons pour les chiens et les chats, c’est que les changements apportés à la santé et à la vitalité d’un animal par un régime alimentaire « mort » et transformé ne sont généralement pas immédiats ou aigus. Pendant plus d’un demi-siècle, nos animaux de compagnie ont été nourris avec des régimes inappropriés qui les ont maintenus en vie, mais pas prospères. En fait, nous avons créé des dizaines de générations d’animaux qui souffrent de maladies dégénératives liées à des déficiences nutritionnelles.

Nutrition optimale pour votre chien ou votre chat

Les chiens et les chats ont besoin de protéines de qualité, de graisses et d’une petite quantité de légumes et de fruits, qui fournissent des antioxydants et des fibres aux animaux qui ne chassent plus des proies entières.

Il faut ajouter des sources naturelles d’oligo-éléments, de vitamines et d’acides gras, car les sols dans lesquels les aliments sont cultivés sont dépourvus d’un grand nombre des nutriments dont les animaux de compagnie ont besoin. En outre, le lieu de stockage des aliments, qu’il s’agisse d’un congélateur ou d’un garde-manger, diminue le niveau vital d’acides gras essentiels dans les aliments.

Les animaux domestiques ont besoin d’aliments non transformés, frais et complets qui sont très humides. Ils n’ont pas besoin de céréales, d’agglomérants, de conservateurs artificiels, de colorants, d’additifs (y compris les palatables), de produits chimiques, de sous-produits ou d’aliments transformés. Bien que les animaux puissent manger des aliments transformés, ils ne sont pas conçus pour en consommer tout au long de leur vie. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’importance des régimes frais, complets et non transformés pour les chiens et les chats, je recommande ma série en trois parties sur les régimes alimentaires crus pour les animaux de compagnie :

Partie 1 — “The Feeding Mistake Linked to the Cause of Most Disease-Are You Making It?”
Partie 2 — “The Biggest Myths About Raw Food (And Why They’re Mostly Nonsense)”
Partie 3 — “Common Feeding Mistakes That Can Harm Your Pet”

Vous pouvez également trouver une grande quantité d’informations supplémentaires ici chez Healthy Pets sur la façon de choisir les meilleurs aliments pour votre animal de compagnie et les aliments à éviter.

 


Vous savez maintenant ce que vous donnez à manger à votre animal, et vous pouvez choisir en toute connaissance de cause de continuer à le nourrir de croquettes, ou de changer pour mieux. Car en matière d’alimentation, on peut toujours faire mieux pour nos animaux, surtout vu d’où on part !

Vous comprenez aussi peut-être mieux comment une végétarienne comme moi peut accepter de tripoter des morceaux de viande deux fois par jour pour ses animaux… Si j’arrive à le faire, vous aussi…

Ah, et n’oubliez pas : l’alimentation influe énormément sur le comportement ! Si votre animal présente un trouble du comportement, commencez déjà par changer de nourriture : peut-être que le problème sera résolu !

croquettes chiens Moselle

Alors, ça ?

nourriture chien Moselle

Ou ça ?

Si vous voulez des infos fiables, claires et simples sur l’alimentation crue pour les carnivores domestiques (chiens, chats et furets), visitez ce site : http://barf-raw-feeding.fr/

Voici le groupe Facebook qui va avec ce site : https://www.facebook.com/barfrawfeeding/

Vous pouvez également lire le livre « Toxic Croquettes » du Dr Jutta ZIEGLER, dans lequel elle partage ses nombreuses années de recherches et de constats concernant l’impact de la nourriture sur la santé des animaux de compagnie. Le Dr ZIEGLER est une vétérinaire de renom, que j’ai eu la joie de rencontrer, et qui est absolument passionnante !

croquettes chien Moselle

« Toxic Croquettes » du Dr ZIEGLER

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EXERCICE D’AUTOCONTROLE : OUVRIR SA MACHOIRE

En début d’année, j’avais fait un post Facebook sur un exercice d’autocontrôle (contrôle de soi ou encore contrôle de l’impulsion / impulse control) avec un « tug » (y a pas de mot français pour ce machin).

autocontrole

Parfois, c’est dur de se contrôler…

Autocontrôle ? C’est quoi ce truc ? C’est la faculté qu’a votre chien à se contrôler, à ne pas se laisser déborder par ses émotions. Cette faculté entre par exemple en jeu quand votre chien attend que sa gamelle soit posée au sol pour manger au lieu de se jeter dessus alors que vous l’avez encore en main. Ou quand votre chien, qui a très très envie de faire pipi, attend patiemment assis devant la porte que quelqu’un daigne lui ouvrir : sans autocontrôle, il aboierait, gratterait la porte ou commencerait à la détruire.

C’est EXTREMEMENT IMPORTANT de développer cette faculté chez son chien, non seulement pour vous, mais aussi pour lui : ses émotions ne doivent pas faire les montagnes russes toute la journée au risque de le rendre maboul !

Bref, je me suis tellement souvent référée à ce post lors de mes séances avec mes clients que j’ai décidé de le mettre sur le blog. Voilà donc le post en question

**********************

Voici le nouveau jouet de ma Jazz ! Comme certains le savent, elle présente une grosse déficience d’auto contrôle à cause du syndrome d’hyperactivité/hypersensibilité dont elle est atteinte. Nous travaillons donc ça au quotidien, progressivement. Elle a aujourd’hui atteint un niveau suffisant pour qu’on puisse faire monter relativement fort son excitation sans qu’elle perde le contrôle d’elle-même : on peut donc introduire les jeux de « tug » où chacun tire de son côté sur un objet.

Vous pouvez vous aussi faire ce jeu chez vous afin de travailler la faculté d’autocontrôle de votre chien. Voici comment :

  1. présentez le jouet au chien et dites lui « prends » (ou le mot que vous utilisez habituellement)
  2. tirez, secouez le jouet chacun de votre côté pendant environ 30 secondes, souriez et faites du bruit
  3. stoppez tout mouvement, dites « donne » (ou le mot que vous utilisez habituellement) et attendez que le chien lâche. Ne lui arrachez pas l’objet de force, ne gesticulez pas, ne vous énervez pas, ne faites pas un regard méchant si le chien ne lâche pas tout de suite ou continue de tirer : attendez
  4. quand le chien a lâché, clickez si vous travaillez au clicker ou dites « bieeeeen! », et redonnez lui immédiatement le jouet pour une nouvelle partie de tug ! C’est sa récompense pour avoir lâché !
  5. quand vous voulez stopper le jeu, faites le lâcher le jouet, dites « c’est fini » et donnez une bonne friandise à votre chien à la place du jouet. Rangez le jouet hors de sa vue.

 

tug-kong

Voilà la chose !

jazz-tug-1

On tire, on secoue, on rigole!

jazz-tug-2

On ne bouge plus et… « Donne »

jazz-tug-3

Super ! On clique ou on dit « Bieeeeennnn » !

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Et c’est reparti !

 

Amusez vous bien !

N’hésitez pas à partager 😉

 

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REACTIF VS PROACTIF

J’ai entendu un éducateur canin professionnel dire que quand on prend un chiot chez soi, il faut vivre avec au moins 2 ou 3 semaines afin de voir ce qui nous plaît et ce qui ne nous plaît pas… Et seulement à ce moment là, contacter un éducateur canin qui va nous expliquer comment réagir à ces comportements.

 

meme-what

 

JE NE SUIS PAS D’ACCORD AVEC ÇA !

L’éducateur canin est justement là pour vous apprendre à être non pas réactif à quelque chose qui s’est déjà produit, mais PROACTIF en agissant AVANT que cette chose se produise ! Pourquoi attendre que le chiot produise des comportements indésirables pour ensuite les corriger (sachant qu’un comportement déjà produit aura tendance à être reproduit), alors qu’on peut anticiper et montrer tout de suite au chiot ce qu’on attend de lui (et lui éviter tout bonnement d’inventer des comportements qu’on trouvera indésirables ensuite) ? En plus, quand le chiot arrive dans son foyer à 2 mois, on est en plein dans une période super intéressante pour démarrer les apprentissages !

Alors quand contacter un éducateur ? Tout simplement AVANT que le chiot arrive ! Ainsi vous aurez une bonne aide pour préparer son arrivée et ses premiers jours (et surtout nuits). Une fois chez vous, on laisse bien sûr quelques jours au chiot pour faire connaissance avec son nouvel environnement, une semaine tout au plus, et hop ! On démarre les apprentissages (en étant respectueux et bienveillant évidemment) !

Bref, en un mot comme en cent: AN.TI.CI.PONS !

Câlins à vos poilus !

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LE CONDITIONNEMENT, C’EST LE MAAAAAAL !

En ce moment, sur le net, je vois fleurir les articles clouant au pilori le conditionnement en éducation canine, et l’accusant de tous les maux. Des gens connus et des gens moins connus nous annoncent comme une révolution qu’ils ont décidé d’arrêter d’éduquer les chiens, parce que l’éducation c’est du conditionnement, que le conditionnement c’est de la manipulation mentale, et que la manipulation c’est mal, bouh, méchants humains qui font ça à leurs chiens ! Et ces articles font des émules, comme si d’un coup, on se rendait compte d’un truc incroyable, auquel on n’a jamais pensé avant !

Ok les gars, on s’arrête deux minutes et on réfléchit à ce qu’on raconte.

 

dictionnaire

 

Définition du conditionnement : acquisition ou renforcement d’un comportement, d’une habitude par un système de corrélations entre un stimulus et une réponse.
(source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/conditionnement/36020)

Définition de manipulation mentale : action exercée sur la conscience d’autrui pour la contrôler dans un but généralement pervers.
(source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/manipulation_mentale/64751)

Définition d’apprentissage (puisque c’est bien de cela qu’il est question en éducation) : ensemble des processus de mémorisation mis en œuvre par l’animal ou l’homme pour élaborer ou modifier les schèmes comportementaux spécifiques sous l’influence de son environnement et de son expérience.
(source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/apprentissage/22390)

 

lavage-cerveau1) Où est la notion de manipulation dans la définition du conditionnement ? Ne serait-ce pas la manière d’utiliser le conditionnement qui en fait de la manipulation ? Mmmmh ? Cf. publicité, religions, politique, etc.

2) Citez-moi une seule façon d’apprendre chez le chien qui n’est pas un conditionnement… Sauf erreur de ma part, aucune ! Imitation, association, essai-erreur, répétition, immersion… Toutes sont un conditionnement. On garde bien à l’esprit que le stimulus peut venir de l’environnement et la réponse du chien OU le stimulus peut venir du chien et la réponse de l’environnement. Et que le conditionnement n’inclue pas obligatoirement un commandement !

3) Même quand on ne veut pas conditionner, on conditionne ! Vous avez appris à votre chiot à faire ses besoins dehors ? Vous avez conditionné. Votre chien aboie parce que vous n’ouvrez pas la porte assez vite à son goût, ça vous casse les oreilles alors vous vous dépêchez d’ouvrir ? Vous avez conditionné (et il vous a conditionné 😉 ).

4) Le chien n’a pas besoin de nous pour être conditionné, il le fait bien souvent tout seul ! S’il renifle un hérisson et se pique le nez : il ne reniflera plus les hérissons. Il s’est conditionné. S’est-il pour autant manipulé lui-même ???

 

J’entends parler de modèle collaboratif, de traiter son chien comme un ami, en égal, etc. Mais n’est-ce pas ça la base de notre métier ? Parce que, soit on aime les chiens pour ce qu’ils sont vraiment (des individus avec leur personnalité, leurs envies, les trucs qu’ils aiment, qu’ils n’aiment pas, etc.) et on est dans un modèle collaboratif / ami / égal / respectueux sans même y réfléchir ; soit on aime les chiens pour une autre raison et là il est grand temps de se remettre en question !

 

Il va falloir arrêter de blâmer le conditionnement, et commencer à blâmer ceux qui l’utilisent à des fins de mécanisation, de robotisation, de dépersonnalisation du chien !

 

animal-machine

Non à l’animal-machine !

 

 

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LE COTE SOMBRE DE LA SOCIALISATION : LES PERIODES DE PEUR ET L’APPRENTISSAGE PAR EVENEMENT UNIQUE

Je me documente beaucoup sur le chien et tout ce qui y a trait, de près ou de loin. Je lis énormément de publications, qui sont pour beaucoup en anglais, nos collègues outre-Atlantique étant plus avancés que nous dans l’étude du comportement et l’éducation respectueuse du chien.

Au cours de mes pérégrinations sur la toile, je suis tombée sur un article, écrit par le Dr Jen, que j’ai eu envie de partager avec vous pour deux raisons :
d’une part il traite d’un sujet très important et souvent oublié : les périodes de peur dans le développement du chien, qui peuvent avoir des répercussions durables sur le comportement et l’équilibre du chien, et qui doivent être prise en considération
l’utilisation des « clôtures invisibles », qui pour moi devraient être interdites à la vente au même titre que les autres colliers électriques (à décharge ou à spray) car elles créent des dommages graves sur les chiens

 

Je vous propose ci-dessous une traduction de l’article, dont voici le lien vers l’original : http://www.drjensdogblog.com/the-dark-side-of-socialization-fear-periods-and-single-event-learning/
Si vous constatez une erreur dans ma traduction, n’hésitez pas à me la signaler, mon anglais est un peu rouillé malgré tout…

 

*******************************

 

Il y a des années, quand j’étais étudiante vétérinaire senior, travaillant comme externe avec le service de comportement clinique de l’OSU, j’ai vu un cas qui est resté gravé dans ma mémoire et n’a jamais disparu.

La patiente était une belle femelle berger allemand de 3 ans, que je vais appeler Heidi. Elle était une chienne attachante à bien des égards – amicale et douce avec les gens, très éveillée, et rapide dans l’apprentissage. Dans la salle de consultation, elle était calme et bien élevée, nous approchant facilement avec la queue qui remue pour avoir des caresses et des friandises.

Heidi avait un défaut, et malheureusement, il était grave – elle était intensément, violemment agressive envers les autres chiens. Elle a dû être amenée à l’hôpital vétérinaire par une entrée à l’arrière du bâtiment pour éviter d’avoir à traverser le hall, et il a fallut s’assurer soigneusement qu’elle ne rencontre pas d’autres chiens sur son chemin, dans ou hors de l’immeuble. Sa propriétaire était une petite femme d’âge moyen, qui aimait Heidi et était profondément attachée à elle. Elle gérait les agressions d’Heidi du mieux qu’elle pouvait depuis longtemps, mais les choses empiraient.

L’incident qui l’a finalement incitée à chercher un vétérinaire comportementaliste avait eu lieu la semaine précédant sa visite chez nous. Un petit chien sans laisse, appartenant à un voisin dans sa résidence, les avait approchées, elle et Heidi, au cours de leur promenade quotidienne. Elle a essayé de tirer Heidi avec elle et de s’éloigner rapidement dans la direction opposée mais l’autre chien a commencé à courir vers elles, et Heidi est devenue frénétique pour l’atteindre, se jetant en aboyant au bout de sa laisse. En désespoir de cause, sa propriétaire a plaqué Heidi au sol et s’est couchée sur elle, en utilisant son poids corporel pour garder son chien de 80 livres qui se débattait cloué au sol, jusqu’à ce que l’autre chien ait été récupéré en toute sécurité par un voisin et emmené ailleurs.

 

plaquage-rugby

 

Le propriétaire, en larmes quand elle nous a raconté l’histoire, a conclu en déclarant qu’elle était certaine qu’Heidi aurait tué l’autre chien si elle avait été en mesure de l’atteindre.

Une triste histoire et une situation difficile, c’est sûr, mais pas différente d’autres cas que nous avons vus au service comportement. La plupart des problèmes d’agressivité chez les chiens peut être reliée à une combinaison passée de mauvaise socialisation, de premières expériences négatives et / ou de prédisposition génétique à la crainte, mais le cas de Heidi se distingue pour moi à cause de quelque chose d’inhabituel dans son histoire – son comportement agressif avait été déclenché très brusquement, en réponse à un seul incident traumatique précisément au mauvais moment de sa vie.

Selon sa propriétaire, Heidi était amicale et joueuse depuis ses huit semaines, ne présentant aucun des signes avant-coureurs que nous voyons si souvent chez les chiots craintifs. Les deux parents avaient des tempéraments exceptionnels, et étaient sympathiques avec les gens et les chiens. Elle allait quotidiennement en promenade avec sa propriétaire et rencontrait régulièrement des étrangers et d’autres chiens sans aucun problème. Jusqu’ici tout allait bien.

 

Alors qu’est-ce qui a mal tourné ?

 

La cour avant de la maison d’Heidi avait une clôture électrique souterraine jumelée avec un collier électrique, système communément connu sous le nom de « clôture invisible ». Elle avait aussi un ami canin en particulier avec qui elle aimait jouer, un jeune croisé Labrador qui appartenait à un voisin. Le chien venait souvent dans la cour d’Heidi pour jouer avec elle, et on pouvait les voir tous les deux luttant et se chassant l’un l’autre autour de la maison presque tous les jours.

Un après-midi quand Heidi avait environ sept mois, quelque chose est arrivé.

Elle et son copain chien jouaient et luttaient comme d’habitude quand ils se sont approchés par inadvertance trop près de la limite de clôture. Heidi a reçu un choc électrique par son collier, a gémit de douleur et de confusion, et s’est retournée de manière agressive vers l’autre chien – qui, pour sa part, a réagi pour se défendre et a riposté. Un véritable combat chien a éclaté en un clin d’œil, et les chiens ont dû être séparés physiquement pour pouvoir se calmer.

Dans la plupart des cas, ce type d’incident serait effrayant et désagréable, mais rapidement oublié. Mais pour Heidi, il a changé sa vie.

A partir de là, c’est comme si un interrupteur avait été basculé dans sa tête. Elle bondissait et grognait après le chien du voisin dès qu’il s’approchait de la cour, et n’a plus jamais joué avec lui. Au cours des semaines suivantes, elle a commencé à réagir de manière agressive envers les autres chiens en promenade, au bureau du vétérinaire, et à la fenêtre de la maison. Sa propriétaire avait peine à comprendre pourquoi sa chienne, auparavant douce et gentille, se conduisait soudainement comme Cujo.

 

Cujo

 

La réponse se trouve dans une conjoncture parfaite de variables, assemblées de la pire façon possible.

J’ai parlé de la période de socialisation des chiots dans un post précédent – c’est une phase de développement pendant laquelle les chiots découvrent le monde qui les entoure. Les choses qu’ils voient et qu’ils expérimentent d’une manière positive au cours de cette période seront considérées comme normales par la suite.

Mais – et ceci est un grand MAIS – le revers de la médaille est aussi vrai. Les jeunes chiens passent par deux différentes « périodes de peur » pendant leur croissance, qui sont essentiellement des moments où le chiot est extrêmement sensible à de mauvaises expériences.

La première se produit de manière assez prévisible à l’âge d’environ 8-10 semaines. Le chiot est très jeune à ce moment et les propriétaires gèrent (espérons-le!) son environnement avec soin et l’exposent à beaucoup choses sympathiques à des fins de socialisation, donc souvent cette première période de la peur passe sans signe évident ou changement de comportement – de nombreux propriétaires ne remarquent d’ailleurs pas qu’elle a eu lieu.

La seconde est plus variable, mais pour la plupart des chiens, elle représente une période de 2-3 semaines à la fin de l’adolescence, quelque part entre 6 et 14 mois. Celle-ci est sournoise – elle apparaît lorsque les propriétaires s’y attendent le moins, longtemps après que leur petit chiot soit devenu un adolescent indépendant. À ce stade, la plupart d’entre nous donnons à nos chiens plus de liberté et ne gérons plus aussi minutieusement la manière dont ils interagissent avec le monde. Ca peut être un choc, donc, quand il arrive quelque chose à cet âge qui remet toutes nos suppositions en question.

 

Alors que se passe-t-il pendant la période de la peur, exactement ?

 

Vous remarquerez peut-être que votre chien adolescent, précédemment amical et confiant, devient effrayé par certaines choses qui normalement ne le dérangent pas … peut-être qu’il refuse d’aller à proximité d’un nouveau drapeau de jardin dans la cour, ou aboie sur un homme avec une barbe qui lui dit bonjour dans la rue. Cette augmentation soudaine de la suspicion et de la réactivité envers les choses de son environnement est normale – aussi longtemps que vous restez de bonne humeur et ne faites pas grand cas du problème, ça va passer tout seul et vous aurez votre compagnon familier et enjoué de retour en 2-3 semaines.

La partie dangereuse est la suivante : au cours de ce stade de développement particulier, le cerveau de votre chien est instable (« à fleur de peau »), extrêmement sensible à tout ce « mauvais » qui peut se produire. Une unique expérience effrayante ou douloureuse pendant la période de peur peut avoir un impact durable pour le reste de la vie de votre chien.

Ce phénomène est appelé l’apprentissage par événement unique – ce qui signifie qu’il suffit d’une seule expérience pour entraîner une réaction émotionnelle intense, permanente, à l’élément déclencheur qui l’a causée. Ceci prend tout son sens pour la survie à l’état sauvage, quand un jeune loup a besoin d’identifier clairement un dangereux prédateur sans nécessiter de multiples expériences de mort imminente pour apprendre la leçon. Mais pour nos chiens de compagnie, ce petit « pépin » particulier dans le système de traitement de la mémoire peut avoir des conséquences dévastatrices.

Un exemple on ne peut plus commun :

Quand mon aîné Remy était chiot, il a eu sa première coupe de griffes dès son arrivée chez moi à l’âge de 9 semaines (rappelons-nous que la première période de peur se produit normalement vers 8-10 semaines). Malheureusement, l’une des griffes a été coupée trop court – il a gémit, s’est débattu, et a saigné brièvement. De la poudre hémostatique a été appliquée pour arrêter le saignement, le reste des griffes ont été coupées sans incident, et il semblait parfaitement heureux cinq minutes plus tard.

 

couper-griffes-chien

 

Pas grand-chose, non ? Pour un chien adulte bien équilibré, probablement pas.

Cependant … au cours des quelques mois qui ont suivi, la coupe des griffes de Remy est devenue progressivement plus difficile. J’ai pris soin de faire en sorte qu’il ne soit pas « brusqué » à nouveau, et je lui ai donné systématiquement beaucoup de friandises et de louanges au cours de la procédure par la suite – mais ça ne semblait pas faire de différence. Mon chien, habituellement décontracté et coopératif, devait lutter contre quelque chose qui ressemblait à de la panique, dès que le coupe-griffes faisait son apparition.

Pourquoi ? Parce que sa mauvaise expérience, unique et isolée, lorsqu’il avait 9 semaines, avait toujours encore plus de poids que toutes les suivantes réunies. L’apprentissage par événement unique est une chose puissante.

Et donc, nous avons Heidi. Douce, facile à vivre et appréciant parfaitement les autres chiens… jusqu’au jour où elle ne l’a plus été.

Sa propriétaire a quitté l’OSU ce jour-là en ayant retrouvé du courage, avec un plan de formation pour Heidi et une meilleure compréhension des choses qui ont fait changer sa chienne de cette façon. Et Remy, une fois adulte, a appris à nouveau à se tenir debout confortablement pour la coupe des griffes, après de longs mois de travail minutieux pour surmonter sa peur. Heureusement, ces revers de comportement ne sont pas insurmontables – avec le temps et l’effort, les chiens adultes peuvent apprendre à mieux faire face et former de nouvelles associations plus positives avec les choses qui les effraient.

 

Alors, que pouvons-nous faire maintenant que nous savons cela ?

 

Malheureusement, nous ne pouvons pas garder nos chiens dans une bulle. Le monde est un endroit imprévisible, malgré nos meilleurs efforts… nous ne pouvons pas toujours contrôler tout ce qui leur arrive ou comment ils peuvent réagir. Mais nous pouvons essayer de faire en sorte que les expériences effrayantes soient rares au cours de ces périodes sensibles du développement.

Et si de mauvaises choses se produisent, nous pouvons les reconnaître pour ce qu’elles sont, et être proactif pour répondre et traiter la peur avant que les choses empirent.

 

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Vous en savez maintenant plus sur les périodes critiques du développement comportemental du chien, et vous pourrez ainsi mieux les aborder. N’hésitez pas à partager ce post autour de vous. Encore merci au Dr Jen pour cet article (et tous les autres !) très instructif.

 

 

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LE MONDE DES BISOUNOURS

Non je n’ai pas sniffé des rails de poudre de croquettes, je vous parle bien de Bisounours en étant totalement saine d’esprit.

Bisounours, c’est le surnom mignon que nous donnent les vrais éducateurs canins, vous savez, les virils, qui ont des gros bras et une grosse voix, qui entrent sur un terrain d’éducation comme on entre en guerre.

Bref, Bisounours = éducateur qui utilise des méthodes positives, et refuse coercition et violence.

 

Voici quelques idées reçues sur le Bisounours :

 

chien_croquettes1) Le Bisounours file des bonbons à son chien à tout-va, le chien ne bosse plus que pour la bouffe

Non, nous ne filons pas des bonbons à nos chiens n’importe comment, celui qui fait ça n’a rien compris aux modes d’apprentissage du chien. Le bonbon est donné à un moment bien précis, il ne serre quasiment jamais de leurre (leurrer un chien ne lui apprend rien) : il est là pour renforcer un comportement qu’on veut voir se reproduire. Le bonbon sert pendant l’apprentissage, et est ensuite remplacé par la félicitation vocale ou la caresse, si on le souhaite. Si votre chien devient un obsédé de la bouffe, et ne vous écoute que si vous avez une friandise en main, vous vous êtes planté quelque part.

Par ailleurs, certains parmi ceux qui distillent cette belle idée reçue, ne nourrissent leur chien que si celui-ci leur a donné satisfaction pendant le travail. En gros, le chien qui a « bien » travaillé a le droit de manger, celui qui n’a pas « bien » travaillé n’est pas nourri. Et là, à votre avis, le chien, il bosse pour quoi ? Les beaux yeux de son maître ???

 

 

chien-fauteuil2) Chez le Bisounours, les règles n’existent pas, c’est l’anarchie totale

Alors là, je vais sans doute casser le plus gros mythe de l’éducation positive : nos chiens ont des règles à suivre !

Premièrement parce que c’est ESSENTIEL pour leur équilibre : un chien a besoin d’un cadre de vie clair et stable pour être bien dans ses pattes. Et comme nous, les Bisounours, notre trip c’est d’avoir en premier lieu un chien bien dans ses pattes… Je vous laisse faire la déduction. Si y a pas de règle, c’est pas du Bisounours, c’est de la connerie.

Deuxièmement parce que nos chiens vivent dans notre monde d’humains, qui présente des dangers pour eux. Si mon chien ne revient pas quand je l’appelle, il peut passer sous une voiture. S’il saute sur la gazinière, il peut se brûler.

Et troisièmement, tout Bisounours que nous sommes, nous tenons nous aussi à nos meubles, nos vêtements, notre voiture… Ben ouais.

Chez le Bisounours, il n’est pas interdit d’interdire. Il est juste interdit d’interdire par la force, c’est là toute la subtilité de la chose. Le Bisounours utilise sa tête, pas ses bras.

 

 

non3) Chez le Bisounours, on n’a pas le droit de dire « non » à son chien

Cette phrase peut avoir deux significations. Soit, ça sous-entend qu’on n’a pas le droit de mettre des règles de vie : dans ce cas, ça renvoie au paragraphe précédent.

Soit, ça veut dire que le mot « non » est totalement banni lorsqu’on s’adresse à son chien. Sur ce point, il y a souvent une grosse incompréhension. En effet, le Bisounours utilise très peu ce mot, non pas parce qu’il reflète une interdiction, mais parce qu’il n’est pas précis.

Prenons un exemple très simple : disons que votre chien sait que « non », ça veut dire que ce qu’il est en train de faire n’est pas plaisant pour vous et qu’il doit donc changer de comportement. Votre chien saute sur la table et renifle votre assiette. Vous lui dites « non » car vous voulez qu’il redescende. Votre chien cesse de renifler votre assiette, vous regarde en bougeant la queue mais ne descend pas. Ca vous énerve, vous lui redites « non » un peu plus méchamment. Il cesse de bouger la queue, mais il est toujours debout sur la table en train de vous regarder. Pour vous, la coupe est pleine, vous le repoussez violemment en criant « NON !!! », pensant sans doute qu’il se moque de vous, ou pire, tente de vous dominer (le concept de domination fera l’objet d’un autre post).

Ok, reprenons l’exemple, mais cette fois-ci du côté du chien. Il sent une bonne odeur venant de la table, il pose donc deux pattes sur la table et pour mieux sentir d’où vient l’odeur, rapproche son nez de votre assiette. Là il entend « non » : il sait que quelque chose dans son comportement ne vous plait pas, mais il ne sait pas quoi (les pattes sur la table ? le nez près de l’assiette ? le fait qu’il ne vous regarde pas ?). Il change alors quelque chose pour vous donner satisfaction : il choisit de cesser de regarder l’assiette, et à la place vous regarde vous. Il bouge la queue pour vous dire « tu as vu, j’ai compris qu’un truc n’allait pas, est-ce que c’est ça que tu attends de moi ? ». En gros, il a improvisé. Là, il reçoit un « non » plus méchant : dans l’incompréhension, il arrête de bouger la queue et vous fixe. A ce moment là, vous le rejetez violemment au sol en criant.

Qu’a appris ce chien ? D’une part, que « non » est annonciateur de quelque chose de pas cool, et d’autre part, que quand il essaie de se conformer à votre demande, quand il improvise, ça vous énerve. Votre « non » va donc devenir source de stress pour votre chien, et il risque de développer des troubles du comportement suivant son niveau de sensibilité (TOC, peur de vous, de l’humain en général, ou autre).

Alors nous, les Bisounours, nous préférons donner un ordre clair, expliquant ce que le chien doit FAIRE A LA PLACE de ce qu’il fait, plutôt qu’un « non » flou. Nous lui apprenons le mot « descend ». Dans cet exemple, au lieu de nous énerver et de faire monter le stress chez tout le monde, nous lui disons « descend », et le félicitons quand il a ses quatre pattes au sol. On gagne du temps, de l’énergie et en plus tout le monde est content. Et rien n’empêche de dire : « Non (= ce que tu fais ne me convient pas), descend (= ce que tu dois faire à la place) ».

 

chiens-cool

 

Il y a encore tellement d’idées reçues sur les éducateurs en méthodes positives qu’on pourrait en faire un bouquin…

Moi je vis dans le monde des Bisounours, et je m’y sens bien. Mes chiens aussi. Ceux de mes clients aussi. C’est une philosophie de vie, pas seulement un moyen d’éduquer un chien, et j’invite tous les curieux à entrer dans ce monde, car on y fait des miracles. Pour moi, être un gros dur à gros bras, qui secoue son chien au bout d’un collier étrangleur en gueulant, c’est être dans une totale ignorance de ce que peut être une vraie relation avec un animal, c’est passer à côté de la complicité si épanouissante qu’on peut avoir avec un chien, bref c’est rater l’essentiel.

Allez, je retourne faire du toboggan sur mon arc-en-ciel…

 

 

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LE RENFORCEMENT ET LA PUNITION

Voici un article destiné à vous éclairer un peu sur ces deux notions. Le renforcement et la punition sont utilisés conjointement en éducation canine, quelle que soit la méthode employée.

Dans le langage commun, le renforcement évoque plutôt quelque chose de bien, et la punition quelque chose de mal. Idem pour les mots « positif » et « négatif ». Ce n’est cependant pas aussi simple, et c’est pourquoi les propriétaires de chiens ont parfois du mal avec ces notions.

J’ai donc voulu faire ce schéma, qui, je l’espère, vous apportera quelques éclaircissements sur l’utilisation du renforcement et de la punition en éducation canine. J’ai également fait un tableau, volontairement simpliste, pour vous aider à distinguer rapidement face à quel type d’éducateur ou de moniteur de club vous vous trouvez : vous pourrez ainsi choisir, suivant votre propre conception du chien et de la relation que vous voulez avec lui, de rester ou de partir.

 

Schéma-renforcement-punition

Le renforcement et la punition en éducation canine

 

Certains vont dire « Nan mais il est totalement orienté cet article ! Elle bosse en positif alors elle dénigre les autres ! »… Je répondrai que OUI, il est totalement orienté cet article, parce que :

  • premièrement c’est MOI qui l’ai écrit et donc il reflète MES convictions (et toc !),
  • et deuxièmement, il est également le reflet des récentes études sur le comportement canin et les répercutions néfastes des méthodes d’éducation traditionnelles

 

Donc cet article est orienté… Vers le bien-être de nos chiens. Voilà.

 

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LE COLLIER « SANITAIRE » ET AUTRES INSTRUMENTS DE TORTURE ORDINAIRE

La semaine passée, je suis allée dans une animalerie chercher du canard séché pour mes chiens. Bien sûr, en môman-folle-dingo-de-ses-bébés, je ne peux pas m’empêcher de passer par le rayon jouets. Qui se trouve être juste à côté du rayon laisses et colliers. Là, je vois deux femmes, dont l’une dit à l’autre « Il faudra lui prendre ça à Toutounet après… » en tenant en main le fameux et mal nommé collier « sanitaire » ou « chaînette », bref, un bon vieux collier étrangleur. De qui venait donc ce conseil avisé ?

 

collier-dressage-torture

Collier électrique, collier « sanitaire » et collier étrangleur à pics

 

Une autre fois, c’est en sortant de chez le véto avec papy Bouli que j’ai vu une scène qui m’a fait froid dans le dos : un homme tenait en laisse deux chiens visiblement pas du même âge. Les chiens étaient en laisse avec accouple (une laisse qui se sépare en deux pour y attacher deux chiens et n’avoir qu’une poignée en main). L’un était plus vif que l’autre et tirait un coup à gauche, un coup à droite, ce qui avait pour effet de tirer violemment l’autre qui faisait autre chose. C’est déjà vraiment pas cool en collier plat, mais ces deux chiens portaient des étrangleurs à pics… Je vous laisse imaginer…

Et ce ne sont que deux exemples de ce que je vois au quotidien, et qui me fait dresser les poils sur la tête. Certains vont trouver ça normal, ben oui : Toutounet tire en collier plat, alors le moniteur du club canin / l’éducateur professionnel (vraiment pro ?) a dit de mettre un collier « sanitaire » et de donner des saccades. Et comme il a continué à tirer malgré tout, alors il a fallut mettre un collier à pics. Il tire moins fort depuis (enfin jusqu’à ce qu’il s’habitue à la douleur). Ca fait des lustres que ces méthodes marchent, alors pourquoi s’emmerder avec un clicker, de la bouffe, tout ça ?

 

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L’étrangleur qui étrangle… Mais pas trop…

 

Ben oui, pourquoi donc ?

Je vais vous donner mon avis sur la question, en vous faisant grâce des explications poussées sur les conséquences physiques : dégâts occasionnés sur la trachée, les cervicales, les muscles, l’irrigation sanguine des yeux et du cerveau lorsqu’un chien est régulièrement étranglé, etc. Eh oui, faut pas oublier qu’un collier étrangleur, étrangle, hein ! Je vais aussi passer sur les dégâts comportementaux : peurs, agressivité, hésitation, dépression, et j’en passe.

 

Je vais m’atteler à 2 points :

 

1) Est-ce que ça marche ?

Oui, ça peut marcher, et ça a déjà marché sur des chiens. Mais bien souvent ça ne fonctionne que tant que le dispositif est en place sur le chien. Si on lui met un harnais à la place de son étrangleur, il tire. Pourquoi ? Parce qu’il a bien compris qu’avec le harnais, on ne pouvait pas lui faire mal et donc il peut se permettre enfin de faire ce qu’il a envie. Même combat avec l’étrangleur à pics et le collier électrique.

Par contre, ça ne marche pas avec les ours, les dauphins, les rhinocéros, les crocodiles… Le clicker training, si (cf. le medical training dans les zoos).

 

Le collier électrique, ça fait pas mal au chien. Ah bon ?

 

2) Bon, alors si ça marche à peu près bien, pourquoi utiliser autre chose ?

Personnellement, si j’ai des chiens, c’est pour que ces chiens soient mes copains, mes bébés, voire mes collègues de travail, et qu’on passe de bons moments ensemble. Mon but est qu’ils soient bien dans leurs pattes, et qu’ils comprennent les règles de ma vie d’humain, pour que notre quotidien soit heureux et joyeux.

Imaginez un instant recevoir des copains à la maison. Vous demandez à l’un d’eux de vous passer le sel, mais comme il est en train de discuter avec sa voisine de table, il tarde à vous le donner. L’étrangleriez-vous ? Et si vous le faisiez, pensez-vous qu’il resterait longtemps votre copain ?

Cette fois c’est votre enfant qui pleure car quelque chose lui fait peur. Ses cris vous cassent les oreilles, et ils ne s’arrêtent pas. Lui mettriez-vous un coup de collier électrique (ou à la citronnelle) pour le faire taire ?

Maintenant, vous êtes au travail. Vous demandez à votre collègue de vous passer le document X. Il a mal compris votre demande et vous passe le document Y. L’étrangleriez-vous pour autant ?

 

etrangleur-pics

La version « à pics » pour ceux qui n’assument pas
(de l’extérieur on dirait un collier plat)

 

Ces situations vous paraissent aberrantes ? Inconcevables ? Alors pourquoi le faites-vous avec votre copain/bébé/collègue canin ? Pensez-vous qu’en lui faisant cela, il est heureux d’être en votre compagnie ? Qu’il vous fait confiance, qu’il se fie à vous dans les situations stressantes pour lui ? Que ses promenades ou ses séances d’éducation lui sont agréables ? Qu’il est bien dans ses pattes ?

 

La question à se poser est donc très simple : ce n’est pas « est-ce que ça MARCHE ? », mais « qu’est-ce que je souhaite comme RELATION avec mon chien ? ». A vous de trouver la réponse.

 

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